Articles réservés
- Détails
Quelle est la place de la fraternité dans la dynamique historique du droit social ?
Elle est centrale et fondatrice, en tant que base de tout l’édifice du droit social, malgré son modeste statut dans la devise républicaine où elle fait figure de « petite dernière » et de « parente pauvre » d’ailleurs négligée par la Déclaration des droits. D’où la commisération dont elle est l’objet : référence sympathique mais faible productivité politique et juridique à la différence de la liberté et de l’égalité aisément convertibles en droits. Elle demeure par trop dans le vague des intentions généreuses, de l’injonction morale au partage dans la justice et la concorde. Bref un souhait, un devoir plus qu’un axe politique fort.
- Détails
Le mérite de la grande étude autour de laquelle nous sommes réunis aujourd’hui est de mettre en évidence la problématicité de cette dénomination : “Chrétiens de gauche.” Certes, les groupes, les mouvements qu’on a ainsi caractérisés ont eu un rôle clarificateur dans notre contexte national. Mais je voudrais, en relisant un texte d’Emmanuel Mounier, intitulé Feu la chrétienté, montrer que à l’origine de toutes nos interrogations sur le devenir des “chrétiens de gauche” il y a une question centrale : quelles sont les relations effectives et souhaitables entre foi chrétienne et civilisation ? Comment la foi chrétienne s’inscrit-elle dans la civilisation ?
- Détails
La démocratie à refaire et La démocratie sans le peuple. Ces titres d’ouvrages parus en 1963 et 1967, respectivement sous la signature des clubs France-Forum et de Maurice Duverger, parlent d’eux-mêmes. Les évènements de 1968 en illustreront la justesse. Cinquante ans plus tard, notre actualité conduit à peu près au même constat d’une démocratie toujours en déficit de participation des citoyens à l’exercice du pouvoir.
- Détails
Introduction
Les Murs blancs sont un lieu-dit, une propriété déjà délimitée sur le plan des Chasses Royales de 1764. Les Murs blancs sont aussi l’aventure d’un groupe de ménages réunis en un même lieu par la volonté, disons mieux par le charisme d’Emmanuel Mounier.
- Détails
Contrairement à une idée reçue, la pensée de Mounier est une pensée politique. Elle est même intrinsèquement politique [1], à raison, d'abord, de son objet et de son horizon le plus constant : la cité comme donné et projet ; mais aussi à raison de son statut, de sa dynamique propre qui est de présence, d'engagement, de responsabilité face au monde.
- Détails
« Mounier a, à mes yeux, un très grand rôle, car il a incité les socialistes à comprendre mieux l’objectif de la société socialiste » (Le poing et la rose, p. 4). Dans cette importante déclaration qui met un terme à quarante années d’un épais silence entretenu dans les milieux sociaux-démocrates autour de la réflexion d’Esprit, François Mitterrand situe la contribution de la Revue au mouvement socialiste à son juste niveau : celui des « objectifs de la société socialiste ».
- Détails
« L’importance exorbitante prise par le problème économique dans les préoccupations de tous est le signe d’une maladie sociale […]. L’économie a étouffé le reste de la société ». Ce diagnostic alarmé pourrait être de Marx, Proudhon ou Polanyi. On le lit sous la plume de Mounier dans les années qui suivent la « grande crise ». « Dépression nerveuse généralisée » dit Keynes. Signe d’un très profond « désordre spirituel » estime Mounier.
